Dans cet entretien, Annik la patronne de Tissus Du Nord nous parle de sa transition de première employée à propriétaire du magasin, des changements récents qu’elle a mis en place pour améliorer l’expérience client, de la difficulté à gérer en tandem une école de couture et une entreprise de patronage, et de son excitation à pouvoir enfin découvrir toutes les facettes de l’auto-entreprenariat.

Qu’est-ce qui t’a poussé à monter ta propre entreprise ?
En fait, je ne l’ai pas montée moi-même, mais presque. C’est une amie à moi qui a lancé l’entreprise pendant la pandémie COVID. Elle avait besoin d’aide. C’était devenu trop gros. Je suis venue l’aider avant l’ouverture pour monter la boutique. Puis quand la boutique a ouvert, je suis devenue son employée. Ça faisait quatre ans que je travaillais ici quand elle a déménagé ailleurs. Donc j’ai racheté la boutique.
D’où vient le nom de la boutique ?
Tissus du Nord, c’est parce qu’on habite dans le Nord, dans les Laurentides. Donc c’est tout simplement ça.

Qu’est-ce qui te plaît le plus et le moins dans la gestion d’entreprise ?
La gestion d’entreprise comme telle! Ça fait seulement deux mois que je suis ici comme propriétaire et j’adore. Avant je gérais déjà toute seule la boutique, même si elle ne m’appartenait pas. Mais j’avais des contraintes puisque que ce n’était pas mon portefeuille, donc c’était plus compliqué.
Maintenant, j’aime beaucoup parce que je peux vraiment tout gérer et tout décider. Pour vrai, il n’y a pas grand-chose que je n’aime pas pour l’instant. C’est sûr que tout ce qui est comptabilité, c’est nouveau, donc je n’ai pas encore eu le temps de m’y faire. Mais sinon, j’aime vraiment tout.

Est-ce que tu as des créateurs ou créatrices de patrons préférés ?
En fait, je suis patronniste moi-même. Sur notre site internet, on vend quelques patrons aussi. C’est très basique, parce que je donne des cours de couture ici, donc ce sont surtout les élèves qui utilisent les patrons.
Par contre, j’aime beaucoup les patrons Fibre Mood, ou plutôt les revues. J’aime justement parce que c’est une revue et qu’on a tout en main. J’aime vraiment le concept. J’aime aussi beaucoup Style Arc.
Quant à mes patrons: c’est un très gros travail de créer et de vendre des patrons en ligne. Initialement, je pensais le faire toute seule. Et j’en ai fait quelques-uns, mais je me limite à ça. Les logiciels sont très chers et ça prend beaucoup de temps. Si on veut que ce soit professionnel, il faut engager des professionnels. On ne peut pas tout faire nous-mêmes : les patrons, la couture, les photos…
Notre magasin est surtout basé sur les cours de couture présentement. C’est une grosse partie de la boutique.
Est-ce que tu as des merceries ou des magasins de tissus que tu admires ?
Oui, j’aime beaucoup Merchant & Mills en Angleterre. J’adore. Je voudrais aller en Angleterre un jour juste pour aller dans cette boutique.

Aurais-tu des conseils pour quelqu’un qui voudrait lancer sa propre boutique ?
Je dirais de penser à l’expérience client, autant que la vente des tissus, de la mercerie ou des accessoires. Depuis que je suis ici, j’ai ajouté beaucoup de décorations et d’ambiance, et ça fait une grosse différence. Je le vois tout de suite avec les clients.
Est-ce que tu as des projets d’avenir qui t’excitent particulièrement ?
Pour vrai, je viens d’acheter la boutique, donc c’est déjà un gros projet. J’ai la tête pleine. J’ai aussi 53 ans, donc peut-être que je ne me projette pas aussi loin que quelqu’un de 24 ans.
Mais je suis très satisfaite de ce que j’ai en ce moment. Peut-être que je verrai plus loin plus tard, mais pour l’instant, je suis bien comme ça.
En parallèle, je développe aussi mon projet de revalorisation de tissus et de création de vêtements surcyclés. J’ai une grosse conscience écologique. Depuis que j’ai repris la boutique, je passe mon temps à ramasser, sur Marketplace ou via des designers, des coupons et des morceaux de tissus à revaloriser. Ces tissus prennent un mur quasiment complet dans la boutique. Et ça marche très très fort. Les gens adorent! C’est une partie de la boutique que je suis très très fière et que je compte continuer à mettre en pratique.
