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Pauline Alice

This interview was originally published in French. Read the English translation instead.

Dans cet entretien, Pauline, la créatrice derrière Pauline Alice, revient sur son parcours de couturière passionnée devenue créatrice de patrons indépendants. Elle raconte comment une remise en question professionnelle l’a menée à transformer son blog couture en une marque reconnue. Elle partage également son regard sincère sur la création, l’entrepreneuriat et les défis du quotidien.

Qu’est-ce qui t’a poussée à lancer ta propre entreprise ?

J’ai toujours cousu. J’ai appris à coudre quand j’étais adolescente et c’est toujours quelque chose qui m’a plu. J’aimais aussi beaucoup la mode. En 2010, je suis partie en Espagne. Mon mari est espagnol. En arrivant, j’ai trouvé du travail dans d’autres domaines, mais je sentais que ce n’était pas quelque chose qui allait me combler.

Quand un de mes contrats s’est arrêté, je me suis posée et je me suis demandé ce que j’avais envie de faire. Je pensais faire du vêtement sur mesure. À ce moment-là, j’avais un blog de couture, mais mes lectrices étaient surtout des couturières, donc je n’avais pas vraiment de marché. Et puis je me suis dit : au lieu de faire ça, pourquoi ne pas essayer de professionnaliser les patrons que j’avais déjà faits et de les vendre.

J’ai commencé avec un patron vendu sur mon blog, avec un bouton PayPal bricolé de partout. Et ça a bien marché. Ensuite, j’ai monté une boutique en ligne, très simple au début. Petit à petit, on en est arrivé là.

D’où vient le nom de ta marque ?

Pauline Alice, c’est mon prénom et mon deuxième prénom. Rien de très transcendant. Je cherchais un nom et je me suis dit que ça irait très bien comme ça.

Quelles sont tes parties préférées et celles que tu aimes le moins dans la gestion de ton entreprise ?

Ma partie préférée, c’est toute la phase de création des patrons. Voir naître l’idée que tu as en tête, la mettre sur papier, préparer le patron. Et ensuite voir les projets que font les couturières avec, c’est toujours très valorisant. C’est vraiment satisfaisant de voir que ça a plu, que les gens se sont cousu des pièces qu’ils aiment.

La partie que j’aime le moins, c’est tout ce qui est administratif : les comptes, les tâches administratives en général. Et la partie marketing aussi. Je sais qu’il faut se vendre, qu’il faut être très actif sur Instagram, mais ce n’est pas naturel pour moi. Je le fais, mais je me force. J’essaie de m’améliorer, de mieux communiquer, mais ce n’est pas quelque chose qui me passionne.

Robe Sedavi – Pauline Alice

Des magasins de tissus ou merceries préférés ?

J’achète beaucoup en ligne. En Espagne, les magasins sont souvent assez traditionnels, même si ça change. La dernière commande que j’ai faite, c’était chez Toretto Tessuti, en France. En Angleterre, j’aime beaucoup Fabric Godmother, ils ont des produits très sympas.

En Espagne, j’achète chez une petite boutique qui s’appelle Ratuco. Ils font pas mal de tissus pour enfants, des popelines imprimées, mais aussi des choses très jolies. Les prix sont abordables et c’est vraiment sympa.

Veste Serra – Pauline Alice

Y a-t-il d’autres designers ou créateurs que tu admires ?

Oui, surtout des créatrices qui ont commencé plus ou moins en même temps que moi. J’aimais beaucoup Deer & Doe, même si leur direction a changé depuis. Ready to Sew aussi, j’aime beaucoup ce qu’elle fait. Et les filles de Named Patterns, j’aime beaucoup leur travail également.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui voudrait lancer sa propre marque ?

D’essayer de rester fidèle à son style et de s’écouter. C’est parfois facile de vouloir faire ce qui se vend bien ou ce qui est très tendance, mais je pense que si on veut durer sur le long terme, il faut trouver sa patte et son style propre.

Jupe Neu – Pauline Alice

Y a-t-il des projets sur lesquels tu travailles actuellement et qui t’enthousiasment ?

Je travaille sur la prochaine collection, printemps-été 2026. Je dis ça à chaque fois, mais heureusement que je suis excitée à chaque nouvelle collection, sinon ce serait dommage. Là, je suis dans la phase où les patrons sont terminés et je couds les prototypes. J’ai très envie de voir ce que ça va donner une fois porté.

Vareuse Maritims – Pauline Alice